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Le marché immobilier à l’épreuve de la raison

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A la faveur des taux d’intérêt très bas, du risque d’inflation de par l’endettement public, l’habitat se présente comme une valeur raisonnable. Le refuge des uns ne met-il pas « à découvert » beaucoup d’autres. A l’aggravation du nombre de chômeurs, s’ajoutent près de 400 000 personnes qui, en fin d’indemnisation, vont se trouver avec une allocation ne leur permettant pas de supporter leur loyer. Si le modèle d’un Etat-Providence est à l’agonie, alors s’impose avec plus de vigueur et de rigueur la nécessité de réguler le marché. Rappelons-nous qu’Adam Smith, un des maîtres à penser du capitalisme, ne se faisait aucune illusion sur la vertu du système. Est-ce d’ailleurs raisonnable de le demander ? En revanche le respect des autres et la maitrise de soi qui procèdent de la responsabilité des acteurs de l’économie.

Sans éthique et sans doute sans souffle spirituel, l’économie dérive vers un économisme qui conduit au chaos

Les populations les plus fragiles souffrent. Les statistiques sont connues ; pour ne point rencontrer les visages on en reste à des chiffres qui « gonflent », sourds au murmure de l’inquiétude ou au grondement de la colère ; le plafond n’est pas que de verre. En 48h, deux appels de détresse, une famille de 3 enfants dans le riche département du 92 qui vit dans une pièce insalubre de 25 m² depuis 3 ans, une famille de 5 enfants à Lyon, dans la même situation. En Ile-de-France au 31 décembre plus de 22 000 familles sur ce territoire ont été reconnues comme prioritaires pour accéder un logement décent. Or, seulement 4 200 d’entre elles ont pu être relogées à cette date. Pendant ces deux années, plus de 160 000 logements sociaux ont été attribués …à d’autres !

L’immobilier repart en Ile de France. Si les professionnels craignent la rechute, la Chambre des Notaires s’attend à une croissance à 2 chiffres sur Paris.

Est-ce raisonnable de laisser s’installer des mécanismes sans régulation qui font que se creusent les abîmes entre ceux qui possèdent et ceux que la vie fragilisent. Les classes moyennes sont elles-mêmes touchées, anxieuses pour leurs enfants qui après de solitudes études, disposent de revenus ne leur permettent pas d’accéder au logement ; il faut partir vers un ailleurs.

Est-ce raisonnable de consentir à ce que le foncier dans les grandes agglomérations ne soit soumis à aucune régulation. Par le jeu  des investissements publics (transports, équipements culturels, sportifs) le prix des droits à construire explose. Cet enrichissement sans cause peut-il se pérenniser ?

Est-ce raisonnable d’énoncer le droit au logement sans que soit revisité le droit de la propriété dans une recherche de cohérence nécessaire à la cohésion sociale.

Les déficits publics ne permettent pas d’agir avec les marges de manœuvre souhaitées. Deux dispositions offriraient des ouvertures dans cette attention à la maîtrise de soi pour une meilleure estime de l’autre :

  • modifier la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain) afin que les communes ne puissent pas, sur leurs ressources fiscales, s’affranchir de la création de logements à destination des personnes fragilisées. Le PLU (Plan Local d’Urbanisme) dans les agglomérations où la crise de l’accessibilité au logement est majeure devrait être revisité pour que sur toute opération nouvelle, les droits à construire soient majorés de 25% à 30%. Ce « supplément de construction », à charge nulle sur le plan foncier, permettrait le financement d’opérations sociales et très sociales, sans préjudice des intérêts privés. Les villes disposeraient ainsi d’un moyen d’action pour mieux construire la cohésion sociale.
  • développer la propriété solidaire avec le droit d’usufruit désormais éligible aux financements très sociaux, l’Etat et les collectivités locales cédant l’usage de bâtiments ou de terrains dont ils conserveraient in fine la propriété.

Que de concitoyens sont blessés par le fait que nos valeurs républicaines sont niées. Déraisonnable, de ne pas éradiquer les plus criantes injustices. A force de les tolérer, ne nous étonnons pas si la société perd tout attachement à son unité.

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